Feu de cheminée : les signes qui doivent alerter et les bons réflexes

Un feu de cheminée n’est pas le feu du foyer. C’est le conduit qui brûle : les dépôts collés à sa paroi, suie et surtout bistre, s’enflamment, et le feu monte vers la souche. Feu de cheminée, que faire ? Il y a trois temps : reconnaître les signes, avoir les bons réflexes en attendant les pompiers, puis ne plus toucher à l’appareil tant que le conduit n’a pas été contrôlé. Nous sommes couvreurs, installés à Chaville (92370) ; nous ramonons et débistrons les conduits par la souche, et c’est ce troisième temps qui nous concerne. Les deux premiers sont à vous, et ils ne s’improvisent pas.
Ce qui brûle dans un conduit
Le bistre est un goudron. Il se dépose quand la combustion est incomplète et que les fumées refroidissent trop vite dans le conduit : bois humide, résineux brûlés en bois principal, poêle trop puissant qu’on fait tourner au ralenti, conduit froid. Collant au début, il durcit couche après couche en une croûte noire et brillante. Le hérisson de ramonage glisse dessus ; le feu, lui, le trouve.
Quand ce dépôt s’enflamme, la chaleur dégagée dans le conduit peut le fissurer ou le déformer, et le feu peut gagner les bois de charpente qui l’entourent. C’est pour cela qu’un conduit couvert de bistre ne se ramone pas comme un autre : il passe d’abord par un débistrage, qui casse la croûte mécaniquement.
Les signes qui doivent alerter
Les services d’incendie et de secours décrivent trois signes. Un seul suffit pour appeler :
- un ronflement ou un grondement inhabituel dans le conduit, souvent comparé au bourdonnement d’un essaim ;
- de la suie ou des débris incandescents qui tombent dans le foyer ;
- des flammes ou des étincelles qui sortent par le haut de la souche, parfois repérées d’abord depuis la rue ou par un voisin.
D’autres indices préviennent avant le feu, et ceux-là laissent le temps d’agir : des plaques noires et brillantes qui restent sur les parois après le ramonage, un ramoneur qui n’a pas pu attester que le conduit était dégagé, une fumée qui revient dans la pièce à l’allumage. Ce sont des raisons de faire regarder le conduit, pas d’attendre l’hiver suivant.
Les bons réflexes pendant le feu
- Appelez les pompiers tout de suite : le 18, ou le 112.
- Insert ou poêle : fermez la porte de l’appareil et ses arrivées d’air. Privé d’air, le feu perd de sa force. Les notices des fabricants donnent la même consigne.
- Ne jetez jamais d’eau dans le foyer ni dans le conduit. Au contact d’une paroi brûlante, l’eau se vaporise d’un coup, et la vapeur peut faire éclater le conduit.
- Éloignez ce qui peut brûler autour de l’appareil : bûches, panier de petit bois, meubles, rideaux.
- Faites sortir tout le monde et attendez les secours dehors. Indiquez-leur par où passe le conduit : étages, combles, pièces traversées.
Après le feu : pas de nouvelle flambée avant un contrôle
Le feu éteint, la tentation est de rallumer le lendemain si tout paraît normal. Le code de la santé publique l’interdit. Depuis le décret du 20 juillet 2023, après un feu de cheminée, l’usage du conduit et des appareils qui y sont raccordés est interdit jusqu’à leur examen par un professionnel qualifié, qui atteste qu’ils peuvent de nouveau servir.
Ce contrôle cherche ce que le feu a pu faire. Sur toute la longueur du conduit : fissures, boisseaux déboîtés, dépôt resté collé. Sur le toit : la souche, son couronnement et le solin qui la raccorde à la couverture. Dans les combles : les bois de charpente proches du conduit, à la recherche de traces de chauffe. Nous faisons ce tour par la souche, comme pour un ramonage : débistrage si le dépôt est encore là, ramonage complet, puis constat. Conduit dégagé et sain : l’attestation de ramonage vous est remise. Conduit abîmé : nous vous le disons par écrit, il ne doit pas resservir en l’état, et la suite — remise en état ou tubage — se décide d’après ce constat.
Côté assurance, déclarez le sinistre dès que possible, et au plus tard dans le délai fixé par votre contrat, qui ne peut pas être inférieur à cinq jours ouvrés. Gardez des photos et la dernière attestation de ramonage : votre assureur peut vous la demander.
Éviter le suivant, à Chaville (92370) comme ailleurs
Le bistre ne se forme pas par hasard, et les gestes qui l’évitent sont connus :
- brûler du bois sec, à moins de 20 % d’humidité, et pas de résineux comme bois principal ;
- faire tourner l’appareil à bon régime plutôt qu’au ralenti toute la nuit ;
- ramoner au moins une fois tous les douze mois, et deux fois si vous brûlez plus de six mètres cubes apparents de bûches ou deux tonnes et demie de granulés par an, comme le conseille l’arrêté du 20 juillet 2023 ;
- faire débistrer dès qu’un dépôt dur apparaît ;
- ne pas compter sur les bûches de ramonage : l’ADEME note qu’elles n’ont pas prouvé leur efficacité, et elles ne remplacent pas le passage du hérisson.
Sur les maisons anciennes des coteaux — meulières de Chaville, villas de Bellevue à Meudon, maisons de la rive droite à Viroflay —, on rencontre des souches hautes et des conduits maçonnés. Après un feu, ce sont eux que l’on regarde de près. Et une souche par où l’eau entre garde le conduit humide et froid : exactement ce qui favorise le dépôt suivant.
Après un feu de cheminée, que faire ? Nous appeler avant de rallumer
Pendant le feu, la réponse tient en une ligne : le 18 ou le 112, l’appareil fermé, tout le monde dehors. Après, c’est un contrôle du conduit et de la souche qu’il faut, avant toute nouvelle flambée. Lobry Couverture débistre, ramone et contrôle les conduits à Chaville (92370) et dans les communes voisines. Nous répondons 7j/7, de 7h à 21h, et nous montons sur les toits de jour. Décrivez-nous l’appareil et ce qui s’est passé sur la page contact : nous vous disons quand nous pouvons passer.
Questions fréquentes après un feu de cheminée
Le feu s’est éteint tout seul et tout paraît normal : puis-je rallumer ?
Non. Après un feu de cheminée, le conduit et l’appareil ne doivent plus servir avant d’avoir été examinés par un professionnel qualifié, qui atteste qu’ils peuvent l’être de nouveau. La chaleur a pu fissurer le conduit sans que rien ne se voie depuis la pièce. Ce contrôle est aussi ce qui vous permet de rallumer ensuite l’esprit tranquille, attestation en main.
Le ramonage annuel suffit-il à éviter un feu de cheminée ?
C’est la première protection, à une condition : que le conduit soit vraiment dégagé. Le hérisson retire la suie, pas le bistre durci. Si votre dernier ramoneur n’a pas pu attester que le conduit était dégagé sur toute sa longueur, un débistrage s’impose avant le prochain feu. Le reste dépend de ce que vous brûlez et de la façon dont l’appareil fonctionne.
Mon assureur peut-il demander l’attestation de ramonage après un feu de cheminée ?
Oui. L’ADEME rappelle que l’attestation peut être exigée par votre assureur en cas de sinistre ; c’est pour cela qu’elle se garde au moins deux ans. Ce qu’un défaut d’entretien change à l’indemnisation dépend de votre contrat, dans les conditions et limites qu’il prévoit. Relisez la clause qui en parle, et posez la question à votre assureur si elle n’est pas claire.
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01 84 19 11 09 — Devis après visiteDe l’eau qui entre par le toit ?
Nous répondons 7j/7, de 7h à 21h. Si nous pouvons bâcher dans la journée, nous le disons ; sinon, vous connaissez tout de suite le moment réel de notre passage et ce qu’il faut faire d’ici là pour limiter les dégâts.
